Mes réflexions sur les flux et l'espace se concrétisent à travers des installations, sculpturales, photographiques et sonores, des photographies, des créations sonores, des performances, des écrits.

Les maquettes, les modèles-réduits, les codes au milieu desquels l'être humain doit trouver sa place et s'orienter reviennent souvent.

La maquette permet de changer d'échelle, de remettre à taille humaine. Elle donne la possibilité au spectateur de se mesurer à des espaces étendus, fragmentés, trop vastes à saisir, elle stimule l'imagination par son potentiel d'abstraction. Elle permet une projection.

Je cherche à produire un décalage, à déjouer le réalisme, à créer une brèche au-delà de la critique.

Dans cette course contre la montre entre plusieurs visions ; celle qui consiste à croire au progrès technique infini, celle qui consiste à dire qu'il ne permettra pas de rendre les ressources illimitées et la terre éternellement vivable pour l'être humain, l'espace est le dénominateur commun, la ville en est la tête de gondole. Il faut produire et gommer les distances. Plus vite. Mais dans l'instantanéité et la disparition de l'espace physique, que produit réellement notre époque ?

 

J'ai le sentiment qu'il s'agit d'une période de synthèse et de repli. Sans doute, la synthèse participe-t-elle du repli ? Mais l'hybridation, le métissage, le frottement des cultures et des réalités, les allers-retours entre le passé et le futur, l'exploration des marges comme des centres, l'expérimentation au présent, la contemplation, offrent des perspectives et constituent des réponses à l'emprise anonyme du marché comme aux revendications identitaires hermétiques.